Choisir sa voie, c'est rejeter toutes les autres.

Jeudi 13 février 2014 à 19:30

Il était là, assis sur son sofa, à me raconter sa vie comme si je pouvais en avoir quelque chose à faire. J' avait pas mal bu, soirée improvisée, dans un lieu improvisé avec des amis carrément inappropriés. Lui avait pas mal fumé, je pense même qu'il n'avait pas pris que ça. Les yeux rouges comme c'était pas permis, un langage plus que particulier et une constante envie de manger. Mais j'avais accepté de venir lui tenir compagnie, plus parce qu'il avait l'air pommé, à attendre dans le froid, devant la porte de l'immeuble que parce que j'en avait vraiment envie. Peut-être cherchait-il ses clefs, peut-être attendait-il quelqu'un. Peut-être était-il juste un gars un peu trop beurré, un peu perdu. Un peu oublié des autres lui aussi. Quoiqu'il en soit il était tard, je savais que j'étais bien loin de pouvoir aller me coucher dans l'état où je me trouvais et que quitte à dire des conneries autant le faire avec quelqu'un qui ne s'en souviendrait pas le lendemain.

Par moments, il semblait jusqu'à oublier que j'étais présente à ses côtés. D'autre fois il s'emballait, il parlait de son passé comme si j'en avait un jour fait parti, de ses doutes, de ses ambitions. Et c'est lorsqu'il a commencé à faire des plans pour notre avenir, que j'ai fini par me laisser prendre au jeu. Il ne voulait rien d'exceptionnel, pas forcément de grande aventure juste le basique kit de survie. Petite femme, petit boulot. Petite vie mais pourquoi pas. J'aspirais à tellement plus normalement mais ce soir dans son regard brumeux, je me retrouvais un peu trop. En l'écoutant, je me disais que c'était peut-être lui qui avait raison. Finalement on se prenait tous beaucoup trop au sérieux.

Dimanche 22 décembre 2013 à 5:54


Ma lettre au père Noyel, forcément après ... ne jamais en avoir écrit ce fut un peu compliqué.
N'empêche, je crois que je tien le bon bout :

Dear Santa,
How are you ? I'm happy to write to you for the first time. This month, i have been a really good girl ... I think ! I have learnt my English every day and done my homeworks. I have helped my friends when they have needed it and haven't argued with my mom. I'm going to leave you a whisky glass because i think that the night will be long. I 'd like please, to win at Bingo to come back here for free.
Lot of love. Sarah
XXX

J'adore mes cours, oui je sais, encore !

Lundi 9 septembre 2013 à 3:05


Rien qu'un mot, en décalé. Comme le reste. Nous sourions aux gens qui passent, sans qu'ils ne nous remarquent plus. Avec ferveur nos bras s'agitent sous leurs nez, pour mieux asseoir notre présence. Mais rien n'y fait. Leurs yeux livides ne se posent plus sur grand choses. Alors nous tu penses bien ! Les gorges nouées, les cris s'estompent peu à peu et nos gestes éparses, deviennent trop lourds à réaliser. Tous et tout disparaît. Les rues, nos rues. Le monde comme tu me l'as fait connaître et ceux qui le remplissaient. Tout, d'un coup, perd de son sens. Et sans but, pourquoi continuer de courir après cette ombre que l'on attrape jamais ?
 

Vendredi 11 juin 2010 à 13:16



-  ... un peu comme ces chiens errants que l'on croise dans les rues. Vous faîte peine à voir. Ils font tellement pitié, l'air dégueulasse jusqu'aux dents,  la patte arrière boitante, l'oeil malheureux. Pourtant personne ne les ramenerait chez eux. On aimerait bien leurs offrir plus, faire quelque chose pour eux, mais pas nous, les autres plutôt. Allez-voir ailleurs si vous voulez de l'aide, parce qu'ici c'est une entreprise, il faut avancer vite et pour l'instant vous n'avancez plus Blanchard. Vous ne ressemblez plus à rien. Vous n 'êtes plus rien. Ou bien si, comme ces cabots, lamantables et inutiles, juste bons à errer entre les jambes des braves gens. Si vous continuez comme ça, vous finirez comme eux Blanchard, dans le canivaux, la gueule en vrac.. Si c'est pas pire Blanchard... Si c'est pas pire.. "
 

Mercredi 23 décembre 2009 à 0:38





Un jour je retrouverais cette lettre écrite il y a plus d'un an de ça et l'on arrêtera de médire sur cette pauvre poste qui n'y ait pour rien dans les retards de lettres qui n'ont jamais été envoyées.

Je ne sais plus par où commencer alors faisaons dans l'habituel.
Tout d'abord merci, merci pour tout. Merci pour ces années passées en votre compagnie. Merci pour vos blagounettes souvent tombantes de manière inattendues, pour ces contrôles dit surprise quand finalement ils ne l'étaient plus, pour la ruse du "regardage de montre" quand justement on n'y croyait plus. Merci pour ce presque toujours sourire, quand d'autres n'en font pas la moitié, pour vos cheveux parfois complètement décoiffés quand il vous arrivait sûrement d'être en retard. Pour votre écoute, votre manteau que je n'ai jamais connu que rouge, votre attention, le pull avec la rayure bleue, votre rire plutôt communicatif, et pout tout le reste.

En fille de passage, bien que proche de votre portail, je ne m'aventure jamais à le pousser. Surement trop symbolique d'un monde qui fut jadis le mien, j'ai souvent trop peur de m'y bruler les doigts en voulant ne serait-ce que le franchir pour vous y rejoindre. Alors je ne fait que passer devant lui, ce jardin, vos fleurs et ces vieux murs qui vous abritent.

Une lettre de jetée, un appel au téléphone, des nouvelles que je ne souhaite pas te donner deux fois identiques. Et si pour une fois l'on parlait d'autre choses. Oublions le travail qui se veut trop prennant, les cours trop envahissant, la vie qui nous dévore notre temps libre un peu plus vite à chaque secondes dont on ne profite pas. Oublions-nous l'espace d'une lettre, nos peines et nos désirs. Parlons peu et parlons bien.
Un soir je te dirais la faute à qui toutes ces crises d'angoisses, pourquoi ces marques sur mon bras et pourquoi moi.

Je pense du haut de mes pas encore petits vingts ans que certaines choses se doivent d'être dites et que toutes celles-là en faisaient partie. Vous êtes un excellent professeur, un de ceux que j'ai voulu être fut un temps, et rien que ça je crois que ça vallait le coup d'être dit.

Tendrement.
La fille du riz au micro-ondes.

Ah oui et puis il y a eu ce jour où j'ai encore faillit échouer au bac, où j'étais seule à pleurer comme une madeleine, où vous n'avez pas dit grand-chose, où vous n'êtes pas resté longtemps mais que ça suffisait largement. Alors encore merci.

 

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