"La vraie morale, se moque de la morale." (Pascal, Pensées)

Vendredi 21 septembre 2012 à 13:34

Assise à l'arrière du train, les souvenirs s'enchaînent aussi vite que défile le paysage. Quelqu'un là haut n'a pas l'air de vouloir me laisser apprécier l'instant. Le temps de dire ouf et j'entrevois les carrières, ma première nuit au frai, loin, très loin, du vacarne qui m'entoure habituellement. C'est julien, son air inlassablement perdu entre deux niveaux, caché derrière ses dreds, mon appel au secours et sa réponse inatendue. Je commence à entrapercevoir Groix, ses cris, ses fêtes, les arabesques folles des lumières sous comprimés, mais déjà mon regard se pose ailleurs. D'un coup c'est la maison de Catherine. Alors j'imagine ses rides qui s'accumulent, je pense à notre complicité dans la différence d'âge, sa vie, Léon ... Vite oublier Léon ! Puis vient le tour de ma petite vie de bureautique à Varenne Jarcy, Amélie, Jean Marc et ses promesses trop vite prononcées. Mes quatre murs d'aujourd'hui et les questions qui perturbent un peu plus chaque fois qu'elle viennent nous titiller l'esprit : Est ce dont j'ai toujours voulu ? Nous dépassons la ville d'un éternel fétard, ce qui me renvois subitement à Paris, à Hypolithe. A son absence regrettée. Les drames. Le choc ... Je sens le coup de frein tiré dans mon dos, je vois les voitures retrouver une alure descente, les passagers commencer à se lever. Bientôt le train s'arrêtera. L'odeur de la campagne envahi déjà mes poumons, la nuit semble bien fraîche mais peu m'importe car mon esprit vaguabonde encore. Un pied posé au sol et j'arpenterai instantanément un nouveau sentier. Je n'ose encore imaginer les embûches, je tente de passer sous silence les futures blessures encaissées. Ce soir j'ai le coeur lourd mais la tête pleine de rêve. Ce soir je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez et j'aime ça. Ce soir j'espère avec fougue ... Après tout la vie ne fait que commencer.

Dimanche 2 septembre 2012 à 1:31

J'avance perdue dans les rues sombre de ce qui fut un temps mon royaume. Les passants pourtant ne se prosterne plus devant moi, et j'avoue même parfois fuir leurs regards. Quand elle m'a connu, j'étais alors très différente. Sans doute un peu trop sur de moi, sûrement trop aguicheuses pour celles qui n'osaient m'égaler. Pourtant je le sais, toutes m'enviaient. J'étais celle qui pouvait choisir, à qui les non lançaient plus de défis que ne faisaient peur. Je savais où j'allais. Désormais je ne suis plus que l'ombre d'une autre. Je vie à ses crochets, pour elle et part ses choix. A choisir je ne sais plus quelle personnalité l'emporterait sur l'autre. La prétentieuse ou la transparente ? La donneuse d'ordres ou suiveuse de moutons.
Venez me chercher lorsque j'aurais ramassé un semblant de ma dignité !

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